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Vigipol. Des compétences portées au niveau national ? © Le Télégramme

Le syndicat mixte de protection du littoral breton, Vigipol, était réuni, samedi, à Ploudalmézeau, à l’occasion des 40 ans de sa création. Au programme, la sécurité en mer, notamment liée à l’évolution des bateaux et à la cybercriminalité.

Le gigantisme des porte-conteneurs et des paquebots, et bientôt les cybernavires sans équipage actuellement en construction font frémir les responsables de la sécurité de la mer, sans omettre les cyberattaques qui peuvent dérégler le système de navigation ou celui de repérage (AIS) et le terrorisme. C’est ce qu’ont évoqué, samedi, au centre culturel l’Arcadie, à Ploudalmézeau, les différents invités de Vigipol. Ils marquaient, à cette occasion, les quarante ans de cet outil qui porta, initialement, le nom de syndicat mixte lors de la catastrophe de l’Amoco Cadiz. La leçon de cette dernière a été profitable, créant des liens entre les moyens, sous la responsabilité unique du préfet de l’Atlantique, et éloignant la navigation grâce à la mise en place de rails, sans omettre l’élément important qu’est la venue des remorqueurs de haute mer.

Cadrer la navigation

Les données ne sont plus les mêmes aujourd’hui : la venue de bénévoles pour le nettoyage n’est plus envisageable, par manque de formation pour manipuler des matières toxiques ou les approcher. Les contingents du service militaire n’existent plus et les militaires sont engagés sur d’autres fronts. Isabelle Thomas et Alain Cadec, députés européens, ont proposé d’inciter la commission européenne à cadrer et organiser plus la navigation le long des côtes. Le vice-amiral d’escadre de Oliveira, préfet maritime de l’Atlantique, s’il se réjouissait de l’organisation des services, ne cachait pas son inquiétude face au gigantisme, rappelant au passage une alerte concernant, il y trois jours, un chimiquier au large de Plouguerneau, mis en sécurité par l’Abeille Flandre.

Partage d’expérience

Pascal Lelarge, préfet du Finistère, ne doutait pas d’une nouvelle mobilisation du monde agricole en cas de catastrophe et Jean-Luc Fichet, sénateur, criait « Stop au gigantisme ! ». Compte tenu de ses avancées et de la pertinence de Vigipol, certains ont émis l’hypothèse que la France pourrait être précurseur en matière d’évolution du droit maritime. L’association nationale des élus du littoral pourrait être un relais pour proposer une envergure nationale à Vigipol, comme l’a suggéré Erven Léon, maire de Perros-Guirec et membre du conseil d’administration de la structure. Vigipol a déjà été approché par les Landes et la Corse pour deux dossiers et l’idée du président Joël Le Jeune est déjà de partager son expérience avec la Normandie, dont une partie est déjà affiliée.

© Le Télégramme du 09.04.18

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