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Plages du Finistère. Pour un député, « on n’ouvre plus un parapluie mais un parasol » © Ouest France

J’ai répondu à un « Questions-réponses » du journal Ouest-France au sujet de l’accès aux plages.

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Député LREM du Finistère, Didier Le Gac estime que l’État ne fait pas assez confiance aux élus locaux. Il veut plus de décentralisation et de différenciation entre régions.

La réouverture des plages a donné lieu à une valse-hésitation du gouvernement, soumis à la pression de la population et des élus locaux. Mais depuis qu’elle est autorisée, sa mise en œuvre interroge aussi un député du Finistère, Didier Le Gac.

Selon vous, le dossier de la réouverture des plages illustre un dysfonctionnement de la machine étatique. Pourquoi ?

Didier Le Gac, député la République en marche de Brest rural. On a vécu de grands moments ! Il faut lire l’arrêté préfectoral sur la reprise des activités nautiques de plaisance par exemple. Il vaut son pesant d’or ! On a dessaisi le préfet maritime de l’Atlantique au profit des préfets terrestres. Donc dans le Finistère, on peut faire du bateau, mais uniquement avec une personne qui vit sous le même toit. Mais dans le Morbihan l’arrêté est différent… Comme si la mer avait des frontières. C’est kafkaïen !

Comment en est-on arrivé là selon vous ?

Paris n’assume pas d’avoir rouvert les plages. Comme souvent, ce sont Jean-Yves Le Drian et Richard Ferrand qui sont montés au créneau : ils avaient senti qu’on ouvrait un front de contestation qu’il aurait été impossible de contenir. Paris a dû céder tout en restant tétanisé à l’idée de voir les plages bretonnes prises d’assaut. Alors on ouvre des parapluies de la taille d’un parasol : le pouvoir de décision a été transmis aux préfets. Parfois en humiliant ou en infantilisant les maires, comme dans le pays des Abers. Un autre exemple : dans ce pays, en 2020, c’est vraiment le rôle d’un préfet de décider du nombre d’étals sur un marché ? On en est là ?

Il y a des solutions politiques à cela ?

Elles résident dans le projet de loi « 3 D » pour différenciation, décentralisation, déconcentration. Il faut davantage de décentralisation, mais surtout que les régions puissent exercer des compétences différentes selon leur situation. En Bretagne, en tout cas, nous sommes prêts : c’est le gage de décisions plus proches des gens et de leurs vrais besoins et au final, de la garantie d’un État plus efficace et plus efficient. Et qu’il s’occupe du régalien. Sinon, on ne crée pas de la confiance mais de la défiance, puis du rejet…

 

© Ouest France du 15 mai 2020

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