J’ai participé ce week-end à l’Agrifête, qui se tenait cette année le site de Bodron à Dirinon, en présence de Yan Le Gac, président des Jeunes Agriculteurs du Finistère, des représentants du monde agricoles, ainsi que des élus, Pour sa 31ème édition, cette grande fête agricole départementale organisée par les Jeunes Agriculteurs du canton de Landerneau-Daoulas a attiré près 40 000 visiteurs !
Un mois après la censure partielle de la loi Duplomb par le Conseil Constitutionnel
Après la page que vient de vivre cet été l’agriculture à l’occasion du vote de la loi Duplomb, il était important pour moi de participer à cet évènement.
Pour rappel, le 7 août dernier le Conseil constitutionnel a validé l’essentiel de la loi agricole adoptée par le Parlement, tout en censurant l’article 2 qui prévoyait un encadrement spécifique de l’acétamipride. Dès la promulgation de la loi, plusieurs mesures concrètes sont entrées en vigueur : meilleure gestion et stockage de l’eau, simplification pour l’installation des élevages, renforcement de l’assurance prairies, accompagnement accru des agriculteurs, allègement de certaines contraintes administratives et contrôles plus apaisés. Ces avancées visent à adapter notre agriculture au changement climatique et à renforcer notre souveraineté alimentaire. Concernant l’acétamipride, la possibilité de dérogation est écartée. Il nous faut donc accélérer la recherche d’alternatives viables, pour protéger nos filières face à une concurrence internationale parfois moins exigeante en matière sanitaire et environnementale. En l’état, le droit français demeure une surtransposition du droit européen, fragilisant nos agriculteurs et accentuant la dépendance aux importations.
« L’avenir s’incarne dans la jeunesse agricole »
Je salue le discours combatif tenu par Yan Le Gac, président des JA du Finistère, pour qui, discréditer le métier d’agriculteur, c’est non seulement injuste, mais aussi dangereux pour l’avenir de notre agriculture.
Extrait de son discours :
« Je ne vous cache pas que nous vivons un été particulier. Vous l’avez tous vu : la loi Duplomb fait la une de l’actualité et, une fois encore, les agriculteurs sont pointés du doigt. Certains, dans les médias et ailleurs, s’acharnent à la caricaturer, à la réduire à des slogans simplistes, voire à des contre-vérités, et c’est pour nous inacceptable.
Je le dis fermement : utiliser des raccourcis immoraux pour discréditer notre métier, c’est non seulement injuste, mais aussi dangereux pour l’avenir de notre agriculture et pour l’alimentation de notre pays. Ceux qui nous attaquent ainsi devraient d’abord venir sur nos fermes, rencontrer nos jeunes installés, voir nos pratiques avant de juger.
La loi Duplomb n’est pas parfaite, mais elle reprend beaucoup de nos demandes portées lors des mobilisations de l’hiver 2023. Nous avions alors demandé de la cohérence, moins de surenchère réglementaire, et surtout des perspectives économiques pour continuer à produire et à transmettre nos exploitations. C’est ça, la vérité.
Alors oui, nous continuerons à défendre notre droit à travailler, à produire et à innover. Mais nous voulons aussi parler d’avenir, car c’est ce qui nous réunit aujourd’hui.
Cet avenir, il s’incarne dans la jeunesse agricole. Dans ces jeunes qui s’installent avec courage et qui portent des projets solides, innovants, respectueux de l’environnement et du bien-être animal. Dans ces jeunes qui investissent dans les technologies de pointe : la robotique, l’agriculture de précision, les outils numériques. Autant d’outils qui nous permettent de progresser techniquement, d’améliorer notre durabilité, de gagner du temps et de travailler mieux.
L’agriculture n’est pas tournée vers le passé. Elle invente chaque jour des solutions pour demain. Et dans le Finistère, nous avons cette force, cette énergie collective qui fait que, malgré les difficultés, des jeunes continuent de s’installer et d’y croire.
Nous avons aussi beaucoup trop entendu le terme « ferme usine » détenue par des agro-industries. Une hérésie… quand 90 % de nos exploitations sont familiales.
Alors oui, certaines exploitations se développent, se regroupent pour mieux s’organiser et permettre l’arrivée de jeunes dans les sociétés, car il ne faut pas se leurrer : pour attirer des jeunes dans nos métiers, il faut moderniser, il faut se libérer des tâches pénibles, il faut pouvoir se libérer du temps pour des loisirs, pour la famille… Nous devons en finir avec le temps où les agriculteurs bossaient 7 jours sur 7, 12 heures par jour, sans congés annuels !
C’est notre vision de jeunes agriculteurs. N’en déplaise à certains ! »
Un slogan d’actualité : « Jeunes Agriculteurs : Avançons ensemble les pieds sur terre ! »
Créé en 1957, Jeunes Agriculteurs (JA) est le seul syndicat professionnel entièrement composé de jeunes de moins de 38 ans. Avec plus de 50 000 adhérents partout en France, l’organisation est présente dans toutes les régions et dans tous les secteurs de production agricole. Fort d’un réseau décentralisé, ancré dans les territoires, JA fonctionne sur la base d’un regroupement géographique qui permet de représenter au mieux la diversité de l’agriculture française. Porté par des valeurs de solidarité et de convivialité, le syndicat a deux grandes missions : défendre les intérêts des jeunes agriculteurs et favoriser l’installation et le renouvellement des générations pour garantir un avenir durable à l’agriculture, avec toujours pour même slogan » Avançons ensemble les pieds sur terre « .
Une fête qui met à l’honneur nos agriculteurs
« Nos champs, nos étables, vos assiettes », tel était le thème choisi pour cette édition, une façon de rappeler le lien direct entre le travail quotidien des agriculteurs et ce que nous retrouvons dans nos assiettes.
Cette année, à défaut d’animaux en raison de l’épizootie de fièvre catarrhale ovine, le public a pu profiter d’un programme varié, avec notamment les chevaux.
Un événement qui voyage sur tout le département
L’Agrifête se déplace chaque année sur un site différent, ce qui permet à chaque canton de mettre en valeur ses terres, ses producteurs et son savoir-faire.
Je me souviens de l’édition 2020, organisée à Milizac, sur la circonscription, qui avait également été une réussite.
Mon engagement aux côtés des Jeunes Agriculteurs
Depuis le député de mon mandat, je soutiens les Jeunes Agriculteurs et, plus largement, le monde agricole. Ces femmes et ces hommes travaillent dur pour nourrir la population et pour faire vivre nos territoires. Ils doivent pouvoir compter sur l’appui de leurs élus. Il était donc tout naturel que je sois aux côtés des organisateurs et des bénévoles pour l’inauguration de cet évènement annuel.
Une fierté pour notre territoire
L’Agrifête n’est pas seulement une fête conviviale et populaire, c’est aussi une vitrine de l’agriculture bretonne et un moment fort pour rappeler l’importance de soutenir nos exploitations et de préparer l’avenir de l’agriculture avec les jeunes générations.
Taulé – Jeunes agriculteurs. Un vibrant appel au secours © Le Télégramme
– 24 aout 2025 –