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Échange avec les visiteurs de prison du Finistère

Ce vendredi 19 octobre 2018, j’ai tenu à rencontrer des bénévoles de l’association de l’ANVP, dont la mission principale est l’écoute des personnes détenues qui en font la demande. L’Association Nationale des Visiteurs de Prison a son siège à Paris mais dispose d’antennes dans la plupart des départements.

L’an passé, c’est dans la Maison d’arrêt de Brest que je m’étais rendu pour un échange avec la directrice Catherine Pech ainsi que des membres du personnel carcéral.

 

Mieux comprendre ce qu’est un visiteur de prison

Dans le Finistère, ce sont 13 visiteurs de prison qui contribuent bénévolement à l’écoute des personnes détenues. Ils les préparent à leur réinsertion dans la société, peuvent participer à des actions d’animation collective.

Toute personne majeure et au casier judiciaire vierge peut devenir visiteur de prison. Il travaille en collaboration avec le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip).

Ce que je retiens de ce riche entretien avec la présidente Dominique Le Queux et l’un des membres de l’ANVP du Finistère, c’est le « vent de l’extérieur » que ces bénévoles apportent aux détenus qu’ils suivent. Alors que ces personnes font don de leur temps, il est aussi important qu’à leur tour, elles puissent, elles aussi, être écoutées…

 

Il ne s’agit pas de n’importe quelle forme de bénévolat

Le milieu carcéral dans lequel les visiteurs de prison évoluent exige de leur part des qualités souvent rares : l’empathie, le « non jugement », l’écoute, l’adaptabilité…

 

La justice, priorité du quinquennat

L’Assemblée nationale s’apprête à examiner d’ici novembre le projet de réforme de la justice.

Conformément aux engagements pris, la justice a été élevée au rang de priorité du quinquennat.

L’objectif du Gouvernement est de la rendre plus lisible, plus accessible, plus simple et efficace.

Lors de mon échange avec les représentants de l’ANVP, il a été relevé que la chaine pénale s’est complexifiée sans pour autant répondre à la nécessaire prise en compte de la diversité des situations des condamnés. S’en trouvent altérées les conditions de réinsertion des détenus. Ce qui nuit par conséquent à la prévention de la récidive.

Il est aussi un fait que les prisons françaises sont saturées (près de 70 000 détenus sont enfermés pour une capacité des prisons de 58 000 places).

La situation pèse sur les justiciables et sur les personnels de justice (magistrats, greffiers, agents pénitentiaires, personnels de la protection judiciaire de la jeunesse, conciliateurs de justice).

C’est pourquoi, le Gouvernement engage une réforme de la justice pour rendre plus effectives les décisions des magistrats, donner plus de sens à leurs missions, améliorer le fonctionnement et l’organisation des juridictions et rétablir ainsi la confiance de nos concitoyens dans notre justice.

L’efficacité de ces réformes nécessite des moyens supplémentaires qui doivent être programmés dans la durée. C’est le sens du projet de loi de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice qui permet de lancer des réformes structurelles dans de nombreux domaines.

 

Instaurer une nouvelle échelle des peines

L’un des axes du projet de loi est de renforcer l’efficacité des peines. Et ceci passe par une nouvelle échelle des peines.

  • De un jour à un mois, interdire les peines d’emprisonnement

Cette mesure représente plus de 10 000 peines prononcées par an. Par définition, elles entraînent des sorties sèches, c’est-à-dire sans mise en place d’un accompagnement et d’un suivi réels, sans utilité ni pour le détenu, ni pour la société.

L’entretien avec l’ANVP a confirmé que s’agissant de trop petites peines, la prison ne sert à rien, bien au contraire !

  • Entre un et six mois, exécuter par principe la peine en dehors d’un établissement de détention

Cette mesure représente environ 80 000 peines prononcées par an. L’exécution de ces peines se fera par principe en dehors d’un établissement de détention, soit dans le cadre d’une détention à domicile sous surveillance électronique, d’une semi-liberté ou d’un placement extérieur. Mais si le juge estime que l’incarcération est nécessaire, il pourra la prononcer.

Environ 60  % des personnes exécutant leur peine pourront bénéficier de ce nouveau régime, tandis que 40 % continueront d’exécuter la peine en établissement, notamment à la suite d’une comparution immédiate suivie d’une condamnation avec mandat de dépôt.

  • Entre six mois et un an, privilégier le bracelet ou la détention

Le tribunal décide effectivement soit de placer le condamné en détention à domicile sous surveillance électronique, soit en détention, soit, s’il ne s’estime pas suffisamment informé, il pourra saisir le juge d’application des peines pour que la peine soit aménagée.

  • Au-delà d’un an, exécuter la peine sans aménagement

Au-delà d’un an, la peine de détention sera exécutée. L’aménagement ne sera pas possible.

 

La dignité du prisonnier : un prisonnier est privé de liberté, il garde ses autres droits et a pour vocation de se réinsérer dans la société. (Emmanuel Macron, président de la République)

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