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Mon point de vue sur l’affaire Benalla

Tribune sur l’affaire Benalla

 

Nul n’est au-dessus des lois dans notre République et aucun homme ne peut s’arroger des pouvoirs qu’il n’a pas, usurper des fonctions et des titres qu’il ne possède pas et, de surcroît, au nom de ces prétendues fonctions, faire preuve de violence à l’égard de manifestants ou de quiconque.

De tels agissements n’ont pas de place dans notre démocratie quand, par ailleurs, ils jettent le discrédit sur nos forces de l’ordre, policiers et gendarmes, qui accomplissent, et encore lors des violentes manifestations du 1er mai, un travail remarquable.

A ce titre, « l’affaire » Benalla constitue, de fait, une crise politique et une épreuve pour la majorité parlementaire. Elle ne saurait constituer pour autant une affaire d’Etat encore moins une crise de régime.

Ainsi, faut-il rappeler que Alexandre Benalla a été sanctionné dès le 2 mai, c’est-à-dire dès que les faits de violence qu’il a commis lors des manifestations du 1er Mai ont été connus. Ces sanctions avec mise à pied et rétrogradation ont été signifiées à M. Benalla en lui indiquant expressément qu’il serait licencié en cas de récidive. Une procédure de licenciement est d’ailleurs en cours à son endroit.

Dans un deuxième temps, l’Inspection Générale de la Police Nationale a été saisie mercredi 18 juillet par le ministère de l’Intérieur et une enquête préliminaire conduite par un juge d’instruction a été ouverte jeudi 19 juillet.

Au même moment, le Président de l’Assemblée nationale, où était examiné le projet de loi portant sur la réforme constitutionnelle, a, de fait, suspendu les travaux législatifs stricto sensu afin que les députés présents puissent s’exprimer sur cette affaire.

C’est cette même Assemblée nationale qui a décidé à l’unanimité, jeudi 19 juillet, la création d’une Commission d’enquête sur les « Evènements survenus à l’occasion de la manifestation parisienne du 1er mai 2018 ».

Elle a également décidé de rendre public l’ensemble de ses auditions et tous nos concitoyens peuvent suivre, en toute transparence, l’ensemble des auditions des ministres, responsables des forces de l’ordre, fonctionnaires et membres du cabinet du Président de la République.

Par ailleurs, toujours dès le jeudi 19 juillet, à sa demande, le Premier Ministre s’est exprimé sur cette affaire dans le cadre de la séance des questions au gouvernement du Sénat.

C’est bien la preuve, s’il en était besoin, que les droits du Parlement et de l’opposition parlementaire ont été entièrement respectés.

C’est bien la preuve également que notre démocratie et que notre état de droit fonctionne normalement et que tous les pouvoirs y concourent de manière complémentaire : le pouvoir judicaire, le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif.

Jamais, dans un tel contexte de crise, sous la Ve République (qui a pourtant connu quelques « vraies » affaires d’Etat !) un gouvernement et un parlement n’avaient agi aussi vite et aussi clairement pour faire surgir les faits.

Les accusations visant le gouvernement et la majorité parlementaire qui essaieraient « d’étouffer » cette affaire sont donc non seulement totalement infondées mais parfaitement injustifiées.

Elles sont portées par une opposition politiquement hétéroclite qui va de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, s’exprimant avec la plus grande outrance.

Cette même opposition, y compris des responsables politiques de premier plan, sans faire preuve du sens le plus élémentaire des responsabilités et sans prendre le minimum de recul nécessaire, n’a pas hésité à instrumentaliser cette affaire en colportant et en exploitant des inexactitudes et des rumeurs infondées ou fantaisistes. Triste spectacle en vérité.

On l’a bien compris, une grande partie de cette opposition tente aujourd’hui, à travers cette affaire, d’atteindre le Chef de l’Etat et de remettre en cause la légitimité des députés élus en juin 2017. Car la méthode est toujours la même depuis 13 mois : faire le procès en illégitimité et en incapacité de l’actuelle majorité, largement sortie des urnes l’année dernière.

Reste que les français se posent des questions et peuvent douter. Cela n’est pas étonnant au vu de l’emballement médiatique de ces derniers jours, des informations qui circulent et se suivent pour être parfois démenties aussitôt.  Surtout, les français sont attachés au bon fonctionnement de leurs institutions et de la république. Ils ne tolèrent aucune dérive qui pourraient venir l’entacher. Et, en cela, ils ont raison d’être toujours vigilants.

C’est pourquoi le Président de la République s’expliquera officiellement le moment venu. Tous ceux qui le connaissent savent qu’il n’a pas pour habitude d’esquiver ses responsabilités. Il prendra la parole lorsque les enquêtes seront terminées et les conclusions rendues et il assumera, et dans le calme, les décisions qui s’imposeront. Il ne doit pas s’exprimer maintenant pour commenter ou interférer dans une enquête judiciaire. D’ailleurs, ce sont les mêmes qui lui reprochent son silence aujourd’hui qui lui reprocheraient, alors, demain, son interférence.

Je le rappelle :  il faut se féliciter des trois enquêtes menées actuellement : l’enquête judiciaire menée par un juge d’instruction, l’enquête administrative menée par l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) et l’enquête parlementaire menée par la Commission d’enquête sur les « Évènements survenus à l’occasion de la manifestation parisienne du 1er mai 2018 ».

A ce titre, les premières auditions menées par cette Commission, notamment celle du mardi 24 juillet, du directeur de cabinet du président, Patrick STRODZA, grand serviteur de l’Etat que l’on connait bien en Bretagne, se révèlent particulièrement convaincantes.

Ce sont ces trois enquêtes, et elles seules, menées dans le respect de notre Etat de droit, qui permettront de donner les réponses qui s’imposent à l’affaire Benalla. Personne d’autre ne peut s’ériger en juge ou s’autoproclamer procureur. Pas même, tel ou tel parti politique, trop content de souffler sur les braises.

Depuis le début de l’affaire, la majorité parlementaire a l’humilité de reconnaître qu’il y a eu un dysfonctionnement et appelle de toutes ses forces pour  que la lumière soit faite. La seule chose qui l’anime, comme les français, est la recherche de la vérité.

Surtout, cette   majorité parlementaire est aujourd’hui plus que jamais forte, unie et déterminée autour du Premier ministre. Qu’on se le dise aussi : il n’y pas de crise en son sein et cette majorité tiendra ferme !

Et quoi qu’il en soit, à la reprise des travaux parlementaires de septembre et, comme l’a rappelé le Premier ministre, nous reprendrons notre travail législatif pour poursuivre les réformes déjà engagées au service des Français. Réforme constitutionnelle, retraites, dépendance, bioéthique, réforme de l’Etat … les sujets à porter ne manqueront pas à la rentrée.

Nous le ferons collectivement, avec enthousiasme, et mobilisés pour notre Pays et nos concitoyens comme le 1er jour de notre élection.

Didier LE GAC, le 25 juillet 2018

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