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Tribune : Défendre durablement HOP et l’aéronautique

Tribune de Didier Le Gac – 2 juillet 2020

La fermeture du site Hop de Morlaix est assurément une très mauvaise nouvelle.  Je partage naturellement l’inquiétude des 280 salariés du site auxquels, il y a peu encore, on avait pourtant donné des assurances sur la pérennité de leur entreprise.

Si la décision était confirmée, nous, élus -locaux et nationaux- allons devoir nous mobiliser ensemble pour exiger qu’il n’y ait aucun licenciement sec et que des compensations en termes d’aménagement du territoire et d’activités économiques soient clairement mises sur la table. Deux points méritent toutefois d’être soulignés :

Un rappel d’abord : face à la crise, l’Etat n’est pas inactif. Déjà, rappelons le contexte : jamais dans toute son histoire, l’aéronautique n’a subi une crise aussi brutale et aussi violente. Les chiffres nous laissent sans voix : 80% de vols en moins, 300 Milliards d’€ de pertes et, au total, des millions d’emplois qui risquent d’être supprimés dans le monde entier dans ce seul secteur d’activités. Partout, ce sont des investissements à l’arrêt et des réductions de flottes. Le constructeur Airbus annonce 15000 suppressions de postes. C’est pourquoi, pour lui éviter la faillite, l’Etat apporte à la compagnie Air France -sous forme de prêt garanti- une aide d’un montant de 7 milliards d’€.

Une évidence ensuite : si on souhaite voire moins d’avions voler, il faut s’attendre à voir moins de sites aéronautiques ouverts. Je le rappelle car je lis avec stupéfaction sur le site d’un grand parti écologiste qu’il serait souhaitable « de fermer les lignes aériennes intérieures pour lesquelles une alternative en train existe en moins de 4 heures ». Je respecte tous les points de vue mais demander cela revient à fermer quasiment toutes les lignes aériennes intérieures dont celles de Brest et Quimper ! Des lignes qui ferment, ce sont moins d’avions qui volent, et donc des aéroports et des emplois en moins !

Déjà, l’annonce -ambitieuse- de Bruno LE MAIRE de « supprimer les lignes sur lesquelles le train est compétitif et émet moins de CO2” est suffisante, à mon sens.  C’est-à-dire les lignes où les trains mettent moins de 2h30 environ pour rejoindre Paris. Je me réjouis d’ailleurs qu’en soient exclus les vols vers une liaison avec un hub pour rejoindre un vol international.  Car sinon, comment faire pour voyager ?

Pour ma part, il y a un an déjà je défendais dans une tribune, avec d’autres collègues députés de tous bords, le maintien des “petites” lignes intérieures. Ces lignes sont essentielles pour éviter à certaines régions un isolement mortifère, faute de routes ou de réelles dessertes ferroviaires.

Parmi les nouvelles équipes municipales élues dimanche dernier, nombreux sont les élus qui prônent une forme de décroissance et moins d’avion dans le ciel. Iront-ils jusqu’à manifester pour le maintien de leurs sites aéronautiques ?  Avec quelle cohérence ?

Je crains malheureusement qu’on ne soit qu’au début de ce genre de contradictions. Car demain, verra-t’ont les mêmes élus revendiquer la fin des zones blanches pour leurs territoires afin de faciliter le télétravail… tout en refusant la 5G et l’installation d’antennes relais ?!

Plus que jamais, je reste fermement convaincu qu’il est possible d’opérer une reprise économique, forte, indispensable, compatible avec le respect de l’homme et de son environnement mais à condition de faire confiance à la science et à l’innovation. Après cette crise sans précédent, le chemin est difficile. Il nécessite de ne pas céder à une certaine démagogie ambiante ou à certains arguments simplistes, fussent-ils pavés de bonnes intentions.

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