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Assises de l’Economie de la Mer 2019

Une édition des AEM marquée par le discours du Président de la République

Les 3 et 4 décembre derniers j’étais à Montpellier pour participer (comme l’année dernière, à Brest), à l’édition 2019 des Assises de l’Economie de la Mer (AEM 2019). En 15 éditions les AEM ont su s’imposer comme le grand rendez-vous des acteurs de l’économie maritime en rassemblant les professionnels du secteur, le monde politique et les décideurs publics, au service de la croissance bleue.

Élu d’une circonscription fortement maritime où se côtoient les activités portuaires, de pêche, de plaisance, de transport, de loisirs, d’énergies marines, de recherche et d’innovation, mais aussi de défense, de sécurité maritime et de secours en mer, je suis très mobilisé sur les sujets maritimes, en particulier dans leur dimension économique.

Cette édition 2019 m’a donné l’occasion d’échanger avec les professionnels des secteurs et filières concernés, les représentants des services de l’Etat (Direction des Affaires Maritimes par exemple), de la Marine nationale et de l’Action de l’Etat en Mer, de la SNSM, d’Armateurs de France et bien d’autres, pour comprendre les enjeux et attentes de chacun au bénéfice de l’attractivité des métiers de la mer et d’une croissance durable des activités maritimes.

Comme beaucoup, j’ai été particulièrement heureux de la présence du Président de la République qui, en ouverture de cette édition 2019, a prononcé un discours fort sur les ambitions maritimes de la France.

L’intégralité de ce discours est disponible ici et j’ai souhaité vous en présenter les points essentiels.

 

Capture d’écran issue de la vidéo publiée par la Présidence de la république sur www.elysee.fr

 

La défense des océans : La France doit être à l’avant-garde pour la défense et la protection des océans, dans les instances internationales, pour promouvoir l’océan comme bien commun de l’humanité. Compte tenu des menaces qui pèsent sur les océans du fait du changement climatique, le Président annonce le lancement d’un programme prioritaire de recherche « océans et climat », qui sera piloté par le CNRS l’Ifremer. Il s’agit de préserver la biodiversité des océans tout en apprenant à exploiter durablement ces mêmes ressources à des fins alimentaires, mais également énergétiques sans en compromettre l’équilibre.

 

L’affirmation de la puissance maritime française : La France dispose de la 2ème plus grande Zone Economique Exclusive au monde (ZEE), avec plus de 11 millions de kilomètres carrés, ce qui lui donne accès à des ressources mais également à des responsabilités. Selon le Président l’objectif est de protéger 30% de ces espaces maritimes (en aires marines protégées) d’ici 2022. C’est également l’occasion de s’engager vers une réduction encore plus importante de la pollution par les déchets plastiques déjà amorcée par l’Union Européenne et par le travail législatif (nous examinons depuis lundi 9 décembre à l’Assemblée nationale le projet de loi relatif à la « lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire », qui contient des dispositions sur la réduction des pollutions plastiques, notamment dans les engins de pêche). Parce que la France est une grande puissance maritime elle doit aussi être exemplaire  : elle doit aussi orienter des nouvelles pratiques sur la vitesse des navires, sur l’approche des cétacés dans les aires marines protégées, ou encore travailler au niveau international sur la protection de la biodiversité en haute-mer.

 

Développer davantage l’économie bleue : Il s’agit de se donner les moyens de « concilier écologie et économie », c’est à dire assurer le développement de secteurs d’activités économiques et de création d’emplois, de formation, de recherche, qui s’inscrivent dans la durée et la préservation de l’environnement marin.

Pour cela la pêche joue un grand rôle et montre l’exemple en se transformant et en investissant dans de nouveaux navires et de nouvelles pratiques, plus durables. L’innovation est un facteur important de cette croissance bleue en apportant des réponses pour des pratiques et des navires moins polluants, plus économes, et en donnant les moyens à notre industrie navale d’être performante. L’équipement des ports de commerce pour répondre aux défis des navires demain (GNL, électrification des quais, infrastructure, liaisons…) sera également soutenu par l’Etat. Cela passe également par des dispositions fiscales et des aides directes.

 

Agir fortement pour les EMR et l’éolien en mer : Le Président affirme qu’il faut en finir avec des « années de procédures administratives », il est en effet fondamental d’accélérer encore, de simplifier davantage – ce que nous avions fait à l’Assemblée par le vote de la loi ESOC en janvier 2018 pour, déjà, initier la simplication des procédures d’autorisation des parcs éoliens offshore.

Le Président a également annoncé que d’ici 2024 l’État attribuera chaque année un gigawatt de puissance supplémentaire soit l’équivalent d’un parc éolien supplémentaire chaque année. C’est là encore une très bonne nouvelle pour les industriels du secteur qui attendent plus d’engagement et de visibilité pour investir dans le développement et l’implantation des parcs.

 

Améliorer la sécurité maritime : Pour prévenir les accidents de navigation, les pertes humaines , mais également les pollutions accidentelles, il faut des moyens que le Président veut renforcer.

« Pas de prospérité sans sécurité en mer ».

Le rôle de la Marine nationale est réaffirmé dans ce domaine, par la mise en oeuvre de nouvelles stratégies partout dans le monde et prochainement dans la zone indopacifique, pour assurer la sécurité des navires de pêche, des navires de transport, affirmer notre souveraineté, être une « puissance d’équilibre ».

Le Président a annoncé la commande de 6 nouveaux patrouilleurs pour les positionner outre-mer et se donner les moyens de ces engagements. La France doit conserver et améliorer sa capacité maritime militaire et d’ordre public en mer  : c’est une très bonne nouvelle pour la Marine nationale !

La sécurité maritime passe également par les secours aux personnes en zone littorale et par l’intervention des femmes et des hommes de la SNSM. Le Président a rendu hommage à ses bénévoles qui s’engagent – aux côtés des CROSS – pour la sauvegarde de la vie humaine. Fortement touchées par la perte de 3 sauveteurs aux Sables-d’Olonne en juin dernier, les familles des sauveteurs disparus seront assistées par la prise en charge des enfants en tant que pupilles de la nation.

Pour fonctionner la SNSM a besoin de moyens nautiques, d’équipements de ses bénévoles, de moyens de formation, pour cela le soutien financier de l’Etat à la SNSM sera porté à 11 millions d’euros.

 

 

Il ne s’agit là que de quelques éléments d’un discours et d’annonces fortes en soutien à une politique maritime affirmée et tournée vers l’avenir. Je suis satisfait de ces déclarations et resterai vigilant quant aux dispositions issues du prochain CIMER (Comité Interministériel de la Mer) le 9 décembre, sur lequel je reviendrai.

Gageons que, comme le Président l’a affirmé : « le XXIème siècle sera maritime » !

 

 

 

 

 

 

 

Autres photos D.R.
Mercredi 11 décembre 2019
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