yellow button

EDITO FEVRIER 2024 / Agriculture, une crise salutaire ?

Depuis plusieurs semaines, nos agriculteurs manifestent leur mécontentement.

Au-delà des revendications conjoncturelles et classiques, on peut parler cette fois d’une crise structurelle qui interroge la survie de notre modèle agricole.

En ce sens, cette crise peut être salutaire car elle permet de remettre au cœur du débat public le sujet majeur de la préservation de notre agriculture.

 

Comme je le dis depuis mon élection en 2017, il faut impérativement défendre notre agriculture contre le dénigrement systématique aujourd’hui répandu à grands coups d’arguments faciles et souvent simplistes pour la discréditer.

 

Nos agriculteurs en ont assez de devoir transposer (et parfois surtransposer) des normes européennes que nos voisins ne respectent pas. Ils en ont assez de subir une concurrence déloyale internationale et parfois intra-européenne. Ils n’en peuvent plus de voir l’ensemble de leurs projets d’investissement faire l’objet de recours systématiques alors même que ces investissements sont nécessaires pour améliorer leur condition de travail, réduire l’impact environnemental et bien souvent améliorer le bien-être animal. Ils attendent que les lois EGAlim soient enfin mieux respectées par les acteurs de la chaîne agro-alimentaires, notamment certains industriels et acteurs de la grande distribution. Leur colère est légitime.

Je salue d’ailleurs, la manière dont toutes ces revendications ont été exprimées dans notre région, plus particulièrement, de manière calme, lucide, déterminée, pleinement responsable, sans violence et sans dégâts, à l’image de notre nouvelle génération d’agriculteurs.

Je note au passage que ceux-ci ne remettent pas en cause le projet européen – ce dont je me félicite – parce qu’ils savent combien ce projet leur est également profitable. Ils demandent simplement que les règles soient adaptées à chaque pays et que tous les pays de l’UE les respectent aussi scrupuleusement que notre pays.

Face à cette colère, le gouvernement a réagi. Ainsi, le ministre de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire, Marc Fesneau, est-il venu ce mois-ci dans notre département, quatre mois à peine après son dernier passage lors de la tempête Ciarán.

 

Surtout, face à cette colère, le gouvernement a présenté une série de mesures visant à simplifier la vie de nos agriculteurs et à leur permettre de mieux vivre de leur production.

Ainsi,

  • Ce sont 150 millions d’euros qui ont été débloqués pour soutenir nos éleveurs dès 2024.
  • C’est le paiement des aides de la PAC et des indemnités liés aux calamités sanitaires et climatiques qui a été accéléré.
  • C’est la hausse du gazole non routier (GNR) qui a été supprimée ainsi que l’avance des frais de TICPE.
  • Ce sont les contrôles auprès des industriels et des distributeurs qui seront multipliés et renforcés pour que les lois EGAlim ne soient plus contournées par ceux-ci.
  • Ce sont les délais de recours contre tout projet agricole qui sera ramené à 2 mois.
  • C’est la fin de la surtransposition des règlements européens, notamment concernant les produits écophytos.
  • C’est un chantier de simplification des normes en lien avec les préfectures qui va être lancé.
  • C’est une meilleure reconnaissance de la qualité de notre agriculture avec un meilleur étiquetage de l’origine de nos produits au niveau français et européen.
  • Ce sont de nouvelles obligations faites à la restauration collective de se fournir en produits locaux.
  • C’est le principe de notre souveraineté agricole et alimentaire qui sera inscrit dans la loi.
  • C’est également un travail permettant d’assurer l’avenir et le renouvellement des générations en agriculture.

 

Bien entendu, les agriculteurs jugeront aux actes. Bien entendu, vous pourrez compter sur ma vigilance pour que ces engagements soient tenus et pour faire le lien, comme je n’ai cessé de le faire, entre le gouvernement et le monde agricole de notre département, monde agricole que j’ai encore eu le plaisir de retrouver au Salon Internationale de l’Agriculture cette semaine, où tous les acteurs de la Ferme Bretagne étaient présents et avec lesquels j’ai pu longuement échanger.

 

Parce qu’il faut cesser de raser les murs, parce que nous pouvons être fiers de notre modèle agricole, parce que notre agriculture offre les produits de qualité les plus accessibles au plus grand nombre, parce que nous devons tous être capables d’expliquer à nos concitoyens qu’elle est la plus respectueuse des normes sociales et environnementales, cette nouvelle crise doit déboucher sur des mesures concrètes et une prise de conscience collective.

 

Il y va de l’avenir de tout ce secteur et de celui de notre région.

 

– 1er mars 2024 –

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.
Tous les champs sont obligatoires.

6 commentaires sur “EDITO FEVRIER 2024 / Agriculture, une crise salutaire ?”
  1. Monsieur le Député,
    Je ne suis pas d’accord avec votre analyse de la situation agricole. Le réel ministre de l’agriculture est le président de la FNSEA qui ne défend que ses intérêts de céréaliers et d’industriel Avril. Il mobilise ses troupes pour des déversements de pneus, fumier, plastiques qui sont brûlés sur les routes. Ils ont provoqué des dégâts et ne paient jamais les réparations.
    Les SAFER et chambres d’agriculture favorisent les grosses exploitations et n’aident pas les jeunes à s’installer.
    Ecoutez la Confédération Paysanne en Finistère.
    Qui fait les lois?
    Cordialement.

    1. Madame,
      Nous vous remercions pour ce message.
      Le député l’a bien noté et en tient compte.
      Cordialement,
      La permanence parlementaire

  2. Bonjour Monsieur le Député, je suis entièrement d’accord. Lorsque nous nous déclarons européens, nous ne pouvons pas sur-transposer. Une maladie bien française dans de multiples secteurs. Ce que la France n’arrive pas à négocier au niveau européen, l’administration et les responsables politiques ne doivent pas l’imposer aux français. Sinon, c’est le contraire de l’esprit européen.

    1. Monsieur bonjour,
      Le député a bien pris connaissance de votre message.
      Il vous en remercie.
      Cordialement,
      La permanence parlementaire de Didier Le Gac

  3. Merci pour ce soutien à nos Agriculteurs !
    Sur la forme, juste peut-être revoir votre présentation en prenant une marge plus importante qui pourrait faciliter la lecture sur votre site …

    1. Bonjour, et merci pour votre message.
      Nous allons tâcher d’améliorer le rendu visuel sur ce N°63 de newsletter.
      Merci à vous pour cette remarque.
      Cordialement,
      La permanence parlementaire de Didier Le Gac

Inscrivez-vous à notre newsletter

Aller au contenu principal